Les microplastiques envahissent nos corps
Choc pour certains, confirmation pour d'autres, la projection du film "Homo Plasticus" d'Élodie Bonnes, n'a pas laissé indifférent la quarantaine de personnes présentent ce jeudi 2 avril dans la salle de la base d'eaux vives du pont d'Espagne à Jurançon.
Organisée par Surfrider en collaboration avec la Maison de la Rivière du Pau Canoë-Kayak Club Universitaire, cette soirée projection/débat a été lancée par Sandrine Busière, adhérente du PCKCU et de Surfrider ainsi que par Philippe Bencivengo, chef de projet déchets aquatiques à Surfrider de Biarritz.
Sandrine Busière et Philippe Bencivengo
Ce film nous montre que le plastique se désagrège en millions de particules, les microplastiques de la taille comprise entre un pépin de fruit et une bactérie et des nanoplastiques d'une taille entre un virus et une molécule.
Après la découverte en 2018 de microplastiques dans les selles humaines, des chercheurs de plusieurs pays européens se mobilisent et multiplient les travaux sur l'impact des particules de plastique. Ils découvrent que les fruits et légumes sont contaminés, que l'on trouve des particules dans nos intestins, nos poumons, notre sang, le placenta et jusque dans nos cellules.
Ces chercheurs s'interrogent sur la perturbation du microbiote, la saturation du système immunitaire, l'inflammation des poumons et des intestins, les dommages à l’ADN et le probable effet cancérigène laissant entrevoir un problème majeur de santé publique.
Après la projection, un débat s'est engagé entre la salle et trois chercheurs de l IPREM de l'Université de Pau (Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l'environnement et les matériaux): Xavier Jimenez, spécialiste de l'analyse des nanopoluants, Bruno Grassl spécialiste du comportement des nanoplastiques et Stéphanie Reynaud, directrice de recherche de l'IPREM de Pau.
Philippe Bencivengo de Surfrider et les chercheurs Stéphanie Reynaud, Xavier Jimenez et Bruno Grassl
La production du plastique est sans cesse croissante : 436 millions de tonnes en 2023, soit le double de la production de 2005. 75% de cette production finit en déchets.
Pour Stéphanie Reynaud, "il n'y a pas une solution mais des solutions qui devront être prises de manière contraignantes". L' ONU travaille à la préparation d'un traité international mais le poids des lobbyistes des producteurs est important et freine les avancées.
Stéphanie Reynaud directrice de recherche à l'IPREM de Pau
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