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Flora HUVELIN
Le 4 décembre 2017
Témoignage : Francis Cohort, membre historique du club !

Témoignage : Francis Cohort, membre historique du club !

Bonjour Francis,

Tu es l’un des plus anciens membres du club de Pau, depuis combien de temps y es-tu licencié ?

F. C : Depuis 1966, au Club Universitaire Palois (CUP).

Comment y as-tu atterri ?

F. C : J’ai atterri là parce que j’étais déjà au CUP et j’y faisais du ski. Marcel Courtier, le gars qui gérait le ski, voyait Noël Audran toutes les semaines pour gérer le club et ses différentes sections. Et moi-même ayant toujours été attiré par la flotte, on m’a fait rencontrer Noël Audran. J’ai fait ma première séance de kayak ici à Mazères, en février 1966, sous l’ancienne passerelle (qui était située au-dessus du barrage actuel). Aux débuts c’était des bateaux en bois et toile et moi j’ai commencé en bateau plastique. La 2e année j’ai fabriqué mon bateau en fibre polyester et fibre de verre.

Le CUP était un club multisports ?

F. C : Le CUP était un club universitaire omnisports. A l’époque il y avait l’athlétisme qui était la grosse section, du rugby, du volley, de la natation, une grosse section ski-montagne avec un refuge à Gourette. J’ai commencé le ski par le biais de ces stages-là. J’étais en 4e à l’époque.

Quelles étaient tes premières impressions du kayak ?

F. C : Après la 2ème séance on était allé sur l’Ouzom, sur la partie basse. A l’époque on n’avait pas tellement de points de chute : le club était à la MJC Cadier, là où est le cinéma Le Méliès. Pas à côté du Gave donc… La MJC nous prêtait une cave, et on prenait à chaque fois la voiture et la remorque pour naviguer sur le Gave à Mazères la plupart du temps. On a fonctionné comme ça pendant quelques années. Le Pont d’Espagne était en construction, et s’est finie 1969. La Mairie de l’époque a attribué au club les locaux des anciens abattoirs municipaux, qui servaient pendant les travaux de base arrière à l’entreprise qui construisait le pont. A ce moment-là il n’y avait qu’un seuil à hauteur de l’embarcadère actuel, loin en aval du pont. Il y avait un poudingue (agglomérat d’argile et de galets) qui faisait que le niveau d’eau était calme jusqu’au pont. Ensuite ce seuil s’est érodé petit à petit.

L’année de mon bac on a nettoyé le local et en 1980 la direction de l’équipement a décidé de faire des enrochements pour stabiliser les berges autour du pont. Ils nous ont proposé de mettre des enrochements qui diversifieraient le bassin. On a essayé ensuite de l’améliorer petit à petit, surtout au travers des compétitions. On s’est débrouillés pour proposer petit-à-petit des compétitions à un niveau de plus en plus important jusqu’en 1991 pour les Championnats de France et c’est là qu’a été construite la maison bleue.

Francis à droite, au bord de l'eau !

Photo : Noël Audrand propriété de Danielle Prat

 

On a l’impression que les compétitions organisées par le club (les Grands Prix, Coupes de France, Championnats de France et aujourd’hui Coupes du Monde et Championnats du Monde) ont joué un rôle important pour le club.

F. C : Tout à fait, petit à petit on est monté en technicité à tous les niveaux. Les compétitions étaient le moteur qui à chaque fois produisait des retombées. Sur le Pont d’Espagne on a organisé plusieurs Coupes du France Nationale 1, deux Championnats de France (1991 et 1997), des Nationales 2 et Nationales 3, et tous les ans le Grand Prix de Pau. C’était cette année le 47e (le premier a eu lieu en 1970). C’était de la descente à l’époque, du Pont d’Espagne jusqu’à Laroin. On alternait chaque année slalom et descente.

Après les 1ers enrochements dans les années 1980 au Pont d’Espagne, ça ressemblait à la configuration actuelle ?

F. C : Non, en 2013 il y a eu des gros travaux avec la crue centennale. On avait une finale N3 à la fin de l’année et du coup la direction de l’équipement a donné les autorisations de travaux dans le Gave. Maintenant c’est très compliqué pour y bosser, il faut un acte d’utilité publique, il faut faire des déclarations, une étude hydraulique… On a pu mettre une pelleteuse dans le Gave pendant 8 jours pour refaire les enrochements mais ça a été fait très vite et ça n’a pas tenu. La crue de 2013 a aussi érodé le poudingue qui se situait en aval du club, et le niveau d’eau devant le club a donc beaucoup baissé. Ça s’est creusé vachement. C’est d’autant plus compliqué de refaire le bassin…

Toi aussi tu as fait de la compétition ?

F. C : J’ai fait du slalom et de la descente, je m’entrainais deux fois par semaine. Quand j’étais en fac j’en faisais trois fois.

Francis à gauche pendant une compétition à Lathus !

Photo : Noël Audrand propriété de Danielle Prat

 

 

Tu faisais aussi bien de la descente que du slalom à l’époque ?

Je n’ai jamais fait de haut niveau, j’ai fait les Frances une fois à Thonon-les-Bains sur la Drance et à Bourg-Saint-Maurice (BSM) aussi une fois. J’ai fait les Frances en descente avec Henri Estanguet et Jacky Labat (propriétaire d’un des bâtiments démolis en 2017 pour les parkings des Championnats du Monde). Jacky était déjà au club quand je suis arrivé, et Henri lui est arrivé dans les années 1980. Je l’ai rencontré pour la première fois sur la Pallaresa (en Espagne). Il avait démarré le kayak au mois de mai. Il voulait faire la descente de la Pallaresa avec moi. On est parti avec lui et un gamin du club. Je me suis dit « ça va être peinard », il faisait du bateau depuis seulement 3 mois… et il a esquimauté je sais pas combien de fois pendant la descente… Mais il est arrivé en bas… Et l’année d’après il était en équipe de France ! C’était un athlète, pas le premier venu, mais il avait fait du sport, il était prof de gym. Il avait la tête et les jambes en plus…

Toi tu étais plutôt kayak alors ?

F. C : Ah oui ! Je ne faisais que du kayak. Du canoë j’en ai fait pour passer le monitorat à l’époque mais c’est tout quoi. Les bateaux étaient relativement long, à 4m. Au début la fédération faisait passer des moules de Barquette Fédérale, et à Noël on faisait un stage fabrication à la MJC. On avait ensuite un atelier au Pont d’Espagne et on construisait les bateaux.

Noël Audran passait son mois d’août à construire des bateaux. C’est lui qui a fondé la section kayak du CUP, c’était un professeur de sport au Lycée Saint Cricq. C’est un rugbyman au départ, il faisait de la voile et était branché sur la flotte. Il s’est mis au kayak à Périgueux, puis est venu sur Pau et a commencé à fabriquer des kayaks. C’est lui qui est à l’origine du club, mais aussi du club de Nay par exemple. Et quand Henri est arrivé il était à la direction technique départementale. Il n’y avait aucun club dans le département à l’époque. C’est Noël et Henri qui ont impulsé le kayak dans le département.

Il y a eu 2 phases au niveau du kayak à Pau. Il y avait le CUP où Noël Audran et moi on s’occupait des jeunes. Henri avait une autre vision, il voulait s’occuper des adultes. Il y a eu des tensions entre eux, c’était deux fortes têtes, deux « cabourutes » comme on dit ici. J’étais à Tours à l’époque puis j’ai fait mon service en Algérie, ça a explosé à cette époque. Henri a créé avec Jacky le Kayak Club Béarnais, puis au bout d’un an Henri a créé avec la MJC du Laü le Pyrénées Eaux-Vives (PEV). Ils ont créé le PEV avec une bande de copains. Ils ont construit des bâtiments, ce sont les clapiers en tôle en face de la maison bleue, de l’autre côté du parking. A l’époque tu entrais sur le site sous le Pont, et les gens qui venaient faire du kayak s’arrêtaient soit au CUP soit au PEV. Ça a fonctionné quelques années, puis Noël a été écarté petit à petit et à la fin des années 1980, et on a recommencé à travailler ensemble. La Mairie était d’accord pour soutenir le kayak mais à condition de travailler ensemble.  

Autre chose, alors que Noël Audran avait une vision du kayak qui le poussait à essaimer, créer des clubs par exemple, Henri trouvait quant à lui qu’il fallait faire du raft l’été pour faire vivre la compétition au club. Une opportunité s’est présentée en aval du Pont des Grottes à St Pé de créer une base de raft. Elle est toujours là et appartient au PCKCU. Henri a acheté le terrain sur ses fonds propres, c’était une super opportunité : entre la route et le Gave, et sur un bassin de St Pé qui était à l’époque une référence (en 2000 il y a eu une Coupe du Monde organisée). Cette base, qui était assez sommaire, a été développée ensuite avec un Lycée d’Enseignement Professionnel (LEP) pour arriver à la base actuelle. Ça s’est fait dans les années 1980, et le PEV avait sa base à Jurançon et le rafting au Pont des Grottes.

Les deux clubs ont fusionné en 1997 pour former le CUPPEV. J’étais président les 3 premières années.

Ensuite le club a changé de nom pour devenir le PCKCU.

F. C : Oui, c’était une demande des slalomeurs qui trouvaient que le nom CUPPEV manquait de lisibilité vis-à-vis de la ville de Pau. Il y a eu une assemblée générale mémorable au foyer du club pour changer le nom. Mémorable dans le sens où je me souviens avoir « foutu la merde », pour rigoler, car il y avait consensus pour changer de nom. J’ai voté contre, mais on était minoritaire, 3 ou 4 anciens. Mais c’était pas du tout conflictuel. Par contre je tiens beaucoup au label universitaire, qui est synonyme de valeurs morales. Les clubs universitaires ont été créé après la guerre, à la libération, avec des valeurs de partage qui sont importantes. On est donc toujours resté un club universitaire. Il y a toujours une activité avec la fac, tous les lundi soir, que j’encadrais au début.

Tu as vu grandir des générations de champions, on pense évidemment aux Estanguet mais il y en a eu beaucoup d’autres, comment expliques-tu l’éclosion de tous ces talents à Pau ?

F. C : Il y en a eu pleins, qui reviennent maintenant en tant que parents. Benoît Dandonneau par exemple, qui avait été champion de France cadet en équipe, je me rappelle l’avoir encadré en cadet.

Le site était exceptionnel au Pont d’Espagne, il y avait des gens comme Noël qui a été juge international aux JO de Munich et était au Conseil Fédéral, puis Henri qui était un compétiteur. On le voit comme il a formé ses gamins. Leurs médailles ont été à chaque fois des tremplins, c’était des étapes importantes, c’est comme ça qu’on a aujourd’hui le Stade d’Eaux Vives. Le SEV, c’est la rencontre entre la médaille d’or de Tony (avec la médaille de bronze de Patrice avant qu’il soit conseiller municipal) et Labarrère, le maire de Pau, qui était un bâtisseur.

Une dernière question : tu navigues encore ? Tu as descendu le SEV ?

F. C : La dernière fois que j’ai ramé c’était pour le biathlon du club ! Je ne rame plus sur le SEV, les bras me manquent. Mais je l’ai fait quand même plusieurs fois, la dernière fois en raft avec tous les élèves de seconde de Saint Cricq.

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Rachelle Delassus et Francis lors du Biathlon du club (2016)

 

Interview réalisée par : Cédric JOLY (Membre du comité d'organisation des Championnats du Monde de slalom 2017)

 

Francis dans l'organisation de la Coupe du Monde de slalom en 2015 !

Photo : Yves Busière

Francis au poste de juge pendant une compétition au stade d'eaux-vives !

Photo : Yves Busière

 

 

 

 

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